C’est un crépuscule sanglant. Au terme d’une occupation illégitime, l’AFC/M23 précipite son repli de Goma et de Bukavu vers Kigali. Mais ce départ s’accompagne d’une recrudescence de tueries, de pillages et de terreur, comme l’ultime vengeance d’un pouvoir aux abois. Alors qu’elle prétend respecter les engagements internationaux, la rébellion sème l’horreur. Pourquoi tuer avant de partir ?
L’histoire bégaie à l’Est. Au moment où la communauté internationale exige son retrait sans condition, la coalition AFC/M23, supplétif documenté de l’armée rwandaise, intensifie les patrouilles de la mort dans les deux capitales du Kivu.
Les chiffres sont implacables. Selon le rapport du Ministère des Droits humains présenté le 21 février 2026 à la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, plus de 17.015 cas d’atteintes graves ont été documentés à Goma et Bukavu depuis janvier 2025. Le bilan glace le sang : 15.769 atteintes au droit à la vie, 829 enlèvements et disparitions forcées, 417 cas de torture et traitements inhumains, sans compter les violences sexuelles systématiques et les destructions d’infrastructures sanitaires et scolaires.
Le 10 juin 2026, Human Rights Watch enfonce le clou : recrutement forcé dans les églises, les écoles et les domiciles, transfert vers les camps de Rumangabo et de Chanzu, où sévices, exécutions sommaires et travaux forcés sont devenus la norme. Une cicatrice, un tatouage, une simple apparence physique suffisent pour être enrôlé.
Le triumvirat de l’ombre et ses commissionnaires
Sur le terrain, les témoignages convergent vers un même système. Nangaa, Kabila et Kagame, ainsi que leurs commissionnaires installés à Bukavu et à Goma, organisent un sabotage méthodique fait de tueries de la population civile sans aucune justification militaire.
Il ne s’agit plus d’opérations de guerre. Il s’agit d’une punition collective. À Goma comme à Bukavu, des escadrons opèrent de nuit. On tue pour effrayer. On tue pour vider les quartiers. On tue pour saboter toute perspective de paix.
Règlements de comptes politiques, vols ciblés, exécutions sommaires pour simple suspicion d’appartenance aux mouvements citoyens, commerçants abattus pour avoir refusé l’impôt imposé par la Bank of Kigali, illégalement installée à la grande barrière douanière et prélevant 5 % sur chaque retrait en dollars : le peuple est pris en otage par une administration de l’ombre qui pille, taxe et tue avant de fuir.
Cette stratégie du pire porte une signature : une alliance contre-nature où Kigali fournit l’arsenal, Nangaa l’alibi politique, et les réseaux de l’ancien régime les relais locaux. Leurs commissionnaires, autoproclamés gouverneurs et bourgmestres, ont transformé chaque avenue en zone de non-droit.
Et ce, malgré la médiation de l’Union africaine, dont les facilitateurs se sont rendus à Goma avant de rejoindre Kigali, et malgré la force de la diplomatie offensive du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo , qui a contraint Kigali à reconnaître, pour la première fois, sa « coordination sécuritaire » avec l’AFC/M23.
Rien ne remplace une vie humaine. La justice n’est pas une attente, c’est un devoir.
Où est la communauté internationale ? Où sont les défenseurs des droits de l’Homme ? Face aux atrocités de l’AFC/M23 soutenue par Kigali, vos communiqués et vos silences ne suffisent plus. Nous voulons des actions. La plainte déposée le 16 septembre 2026 devant la Cour pénale internationale contre Paul Kagame, Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité doit prospérer.
Le Chef de l’État œuvre pour libérer nos patriotes et défendre l’intégrité de l’Est. Le sang de nos frères et sœurs exige justice. Le peuple congolais soutient à 100 % l’engagement du Président de la République pour une paix juste et durable, après trente ans de violences, de guerres, de pillages et de tueries.
Goma et Bukavu ne sont pas des butins à restituer. Elles sont le cœur battant de la République. Et nul ne quittera impunément après avoir semé la mort.
Fogeka Agency asbl